L'age de pierre ne s'est pas terminé à cause d'un manque de pierres

Les éoliennes ne massacrent pas les oiseaux, confirme la LPO

Antienne des militants anti-éoliennes : les éoliennes tueraient massivement les oiseaux. Question importante que se posent aussi nos lecteurs. Qu'en est-il ? Une étude de la Ligue pour la Protection des Oiseaux, que l'on ne peut suspecter de ne pas vouloir le bien des oiseaux, vient confirmer ce que révélaient de précédents travaux : les éoliennes sont bien la cause de morts additionnelles d'oiseaux, mais on est bien loin du massacre.

Rédigé par Stephen Boucher, le 21 Juin 2017, à 14 h 50 

Quand on allumera la lumière en 2020, une grande partie de l'électricité proviendra des énergies renouvelables et, notamment, des éoliennes. C'est le sens des orientations officielles françaises qui prévoient 32 % d'électricité renouvelable d'ici 2030. Dans ce nouveau 'mix' électrique, l'éolien a le vent en poupe et les craintes doivent être dissipées : non, les éoliennes ne tuent pas les oiseaux en masse. Mais les tuent-elles plus que ce qui peut être acceptable ? C'est la question à laquelle de nouvelles études essaient de répondre, dont la première analyse globale et consolidée effectuée par la LPO sur tout le territoire national, publiée mardi 20 juin.

Oiseaux et éoliennes © J. Marijs

Les oiseaux tués, un argument classique des anti-éoliennes

Durant un an, la LPO a fait le nécessaire pour répondre à la question : elle a compilé et analysé 197 rapports de suivi, réalisés sur un total de 1.065 éoliennes réparties sur 142 parcs français. De fait, les chiffres auraient, pour le non averti, de quoi faire peur : pour une éolienne de 170 mètres de haut, la vitesse des lames en bout de pale peut atteindre 270 km/h. Le bon sens voudrait que les oiseaux ne soient pas en mesure de les éviter.

Heureusement, d'amas d'oiseaux au pied de chaque mât d'éolienne, vous ne verrez point. Verdict de la LPO : "Le nombre de cas de collisions constatées est extrêmement variable d'un parc à l'autre et apparaît relativement faible au regard de l'effort de prospection mis en oeuvre : 37.839 prospections documentées ont permis de retrouver 1.102 cadavres d'oiseaux. L'estimation de la mortalité réelle (prenant notamment en compte la durée de persistance des cadavres et le taux de détection) varie selon les parcs de 0,3 à 18,3 oiseaux tués par éolienne et par an, des résultats comparables à ceux obtenus aux États-Unis (5,2 selon Loss et al, 2013) ou au Canada (8,2 selon Zimmerling et al., 2013)."

Une mortalité à mettre en perspective

Soit bien moins que l'hécatombe causée par les lignes électriques ou les immeubles par exemple : une étude a ainsi estimé la mortalité des oiseaux aux Pays-Bas à 163 à 217 décès par kilomètre de ligne électrique à haute tension. Selon les mêmes auteurs, l'estimation de la mortalité serait de 130 et 174 millions d'oiseaux par an par les lignes à haute tension aux États-Unis. Étonnant que les amoureux de l'avifaune se préoccupent des mâts d'éoliennes qui cachent la forêt des pylônes électriques, vous ne trouvez pas ?

Comparons, juste avec ces deux chiffres : 1,5 million de bécasses tuées à la chasse et 349 millions d'animaux sauvages tués par les chats, en France chaque année.

Certes, les éoliennes sont responsables d'une certaine mortalité d'oiseaux et de chauves-souris. Les impacts des parcs éoliens sur la faune sont de trois types : mortalité par collision, dérangement, perte d'habitat, et sont variables en fonction des espèces, saisons, milieux, et taille des parcs éoliens, l'étude de la LPO montrant cette variabilité.

Les oiseaux empruntent les courants éoliens les plus forts et donc les plus favorables à la production d'énergie éolienne. Mais la menace représentée par les éoliennes serait bien plus faible que celle générée par l'utilisation massive des carburants fossiles, avec leur lot de conséquences directes et indirectes sur la mortalité des oiseaux (pollution atmosphérique et changements climatiques), ainsi que d'autres perturbations humaines à l'habitat de l'avifaune.

Point noir au tableau : la mortalité près des zones Natura 2000

La LPO relève toutefois dans son étude un souci particulier : "l'implantation des éoliennes dans ou à proximité des ZPS (Natura 2000) génère la plus grande mortalité". La Ligue précise en effet que "la mortalité directe due aux éoliennes" est au moins deux fois plus importante dans les parcs situés à moins de 1.000 m des Zones de Protection Spéciale (zones Natura 2000 au titre de la Directive Oiseaux) et elle y affecte bien plus qu'ailleurs les espèces patrimoniales".

Elle recommande donc, "les parcs les plus anciens - ceux mis en service avant 2004 - étant plus souvent que les autres situés dans des espaces naturels et à proximité des ZPS", de prendre en compte de manière très sérieuse les enjeux de biodiversité au moment du renouvellement de ces parcs éoliens.



Le PAYS BRIARD du 3 Janvier 2017 . par David Leduc 


La commune de Choisy-en-Brie organisera ce dimanche une consultation citoyenne au sujet du projet éolien qui est en cours aux Closeaux.

L'enquête publique, qui a été mise en place début janvier, est désormais terminée. Les commissaires enquêteurs ont pu écouter les doléances de chacun en ce qui concerne le projet éolien qui fait tant parler dans Choisy-en-Brie depuis de nombreux mois. Désormais, ce sera à la préfecture de trancher. Mais d'ici là, toute la population est également appelée à donner son avis. Pour cela, la commune va mettre en place ce dimanche une consultation citoyenne, où tous les habitants sont invités à dire s'ils sont pour ou contre le projet éolien. C'était une volonté du maire, Alain Beaufort, qu'il a notamment évoqué durant ses derniers vœux à la population. « Nous n'avons pas de pouvoir décisionnaire, donc ce n'est pas un référendum, rappelle-t-il. Mais cela nous a paru important de demander officiellement aux habitants leur avis sur cette question ».

« Chacun pourra s'exprimer »

Pour participer à la consultation citoyenne, il suffit d'être inscrit sur les listes électorales et d'être muni d'une pièce d'identité. Ce n'est qu'après la consultation que les élus donneront également leur avis, au cours d'un prochain conseil municipal. « A l'occasion de cette consultation structurée sur la base de la liste électorale, chacun pourra s'exprimer en toute indépendance, tracts, calicots, réunions ayant permis à tous de se faire une opinion », mentionne la municipalité dans sa lettre aux habitants. Et d'ajouter par ailleurs : « A noter que les services de l'Etat, juges et parties, n'acceptent pas de participer à ces débats ». Cette consultation aura lieu le dimanche 5 février de huit heures à 18 heures au lieu habituel des élections, au foyer des jeunes d'autrefois.

15 jours pour émettre un avis

Plusieurs réunions publiques ont été organisées ces dernières semaines, dans le cadre de l'enquête publique ou à l'initiative de l'association choiséenne en lutte contre le projet, ADPA. « Le maire, le président de l'association et l'un de ses adhérents se sont retrouvés pour évoquer l'avenir, les postures de chacun, les prochaines étapes et les réunions », poursuit la municipalité. Le conseil municipal devra donner son avis dans les 15 jours qui suivent la fin de l'enquête publique.



France 3 Paris Ile de France . Christian Meyze le 13/02/2017  

Choisy-en-Brie ne veut pas d'éoliennes


A une écrasante majorité (80%) les habitants de Choisy-en-Brie se sont prononcés contre la mise en place, sur le territoire de leur commune, de six éoliennes de 165 mètres de haut pour produire un total de 3,6 mégawatts.

Le phénomène est le même que pour les centres de traitement des ordures ménagères ou les antennes relais des téléphones mobiles : tout le monde veut des énergies renouvelables, tout le monde est favorable à l'énergie fournie par le vent et les éoliennes. Tout le monde y est favorable, à condition qu'on les installe ailleurs, chez le voisin ou ailleurs, mais pas ici, pas chez nous !
L'entreprise spécialisée RES voudrait installer 6 éoliennes dans les champs qui bordent le village de Choisy-en-Brie, en Seine-et-Marne. Avec l'objectif de produire 3,6 mégawatts au total. L'entreprise a commencé à faire avancer son projet au début de l'automne, en septembre 2016. Et la mobilisation, pour les habitants, a commencé immédiatement.
Les riverains craignent deux conséquences principales : la détérioration du paysage avec aussi, pour conséquence, une dépréciation de leur patrimoine et le bruit que font ces machines en tournant.
L'enquête publique a eu lieu pendant tout le mois de janvier. Les habitants y ont exprimé leur opposition. Les élus de pays, (du pays de Coulommiers) dont Choisy-en-Brie fait partie, ont voté contre, fin janvier. Mais ils n'ont aucun pouvoir en la matière.
Alors, les habitants continuent de clamer leur opposition farouche et la bagarre devrait durer encore plusieurs mois



Le Pays Briard du 20/03/2017 par David Leduc


La commission d'enquête rend un avis défavorable

Dans leur conclusion, les commissaires enquêteurs déclarent notamment : « Ce projet semble respecter la faune et la flore avoisinantes et ne pas mettre en péril les espèces protégées, et ne devrait pas entraîner de risques particuliers de pollution tant pendant la phrase de construction que pendant la phase d'exploitation ». Sur le volet sanitaire, la commission précise qu'en « l'absence d'expertises concordantes sur les nuisances sonores, les vibrations et la santé des être humains et des animaux, (ce projet) incite cependant à la prudence sur les activités rurales et de loisirs menées à proximité de ce futur parc éolien ».

« Un projet fortement controversé »

Cependant, les commissaires font part de plusieurs regrets. A commencer « qu'un mat de mesure permettant de confirmer les données satellitaires recueillies n'ait pas été installé avant le déroulement de cette enquête publique », et que « la société RES n'ait pas déployé tous les efforts en matière de concertation et d'information, que nécessitait un projet qui était fortement controversé dès l'annonce de sa future implantation ».

Mais plusieurs points en particulier ont également été avancés pour justifier la décision de la commission d'enquête (voir encadrés). Notamment le volet économique et les répercussions que pourrait avoir le projet sur le territoire et pour les habitants. La commission d'enquête décrit ainsi un « projet n'apportera aucun bénéfice réel au territoire, que ce soit en termes de création d'emplois ou de retombées économiques ou touristiques ». Et de préciser : « Selon les informations présentées dans le dossier le parc rapporterait à la commune de Choisy-en-Brie environ 26 000 euros soit, selon les informations du maire de la commune, à peine 2% du budget communal ; les 127 100 euros que recevrait la communauté de communes, répartis entre chacune des communes participantes ne pèserait guère plus lourd dans leur budget respectif ». Et de poursuivre : « Pour ce qui concerne l'économie de la commune les propos ci-avant mettent en évidence l'apport quasiment nul sur l'emploi local et donc sur l'économie locale. Par ailleurs les impacts visuels mis en évidence précédemment risquent de décourager d'éventuels acheteurs (lire aussi ci-dessous, NDLR) entrainant ainsi à terme une sorte de désertification de la commune, qui n'existe actuellement et continue de se développer que par son caractère rural et son attrait lié à la qualité de vie qui y règne ce qui ne serait pas sans conséquence sur le développement économique et touristique du territoire pour lequel des projets d'aménagement sont à l'étude, notamment le Parc régional ».