Volée De Piafs

Coup de Coeur en Bretagne

L'association  Volée de Piafs, au travers de son centre de sauvegarde de la faune sauvage, a pour objectif la préservation de la biodiversité. Sa mission principale est d'accueillir, de soigner, de réhabiliter et de relâcher la faune sauvage en détresse. Elle participe également à des programmes nationaux et internationaux d'étude et de réintroduction des espèces ainsi qu'à des actions favorables à la protection de la nature et de l'environnement.

- Qu'est ce qu'un centre de sauvegarde de la faune sauvage ?

Un centre de sauvegarde de la faune sauvage (ou centre de soins pour la faune sauvage) est un établissement agréé accueillant les animaux sauvages en détresse en vue de les réinsérer dans leur milieu naturel.

Au-delà des soins apportés aux animaux, les centres de sauvegarde recherchent et étudient les causes de destruction de la faune sauvage et participent aux programmes de restauration d'espèces menacées dans leurs milieux.

- Historique de Volée de Piafs

Le centre de soins Volée de piafs, fondé par Didier Masci et Marie Sillières, a vu le jour en juillet 2007. Basé à Languidic dans le Morbihan, il est l'un des trois centres de soins Bretons et le seul de la région habilité à recevoir à la fois des oiseaux marins et continentaux, des mammifères et des chiroptères. Le centre accueille en moyenne 2500 individus par an, majoritairement des oiseaux (oiseaux marins, rapaces, oiseaux nocturnes, passereaux...) mais aussi des mammifères (chevreuils, hérissons, lièvre, martre, chauve souris...).

De nombreuses infrastructures et des compétences spécifiques ont donc été mise en place depuis 2007, afin d'accueillir les animaux dans les meilleurs conditions.

- Fonctionnement du centre

Le centre de soins nécessite de nombreuses structures : infirmerie, volières, animalerie pour petits oiseaux et petits mammifères, volières et enclos de quarantaine, matériels spécifiques pour les animaux marins, ainsi que diverses installations annexes.

L'équipe de Volée de Piafs (entièrement bénévole) fonctionne sous la direction du responsable capacitaire. Le champ des connaissances dans un centre de soins est vaste. Le travail d'un responsable capacitaire ne se limite pas à réduire des fractures, laver un oiseau mazouté ou connaître le protocole d'élevage des bébés hérissons. Il doit savoir identifier les espèces, connaître leurs besoins vitaux et leur mode de vie, savoir aménager des structures adaptées et sécurisées pour les animaux et les personnes, etc...

Volée de Piafs ne fonctionnerait pas sans le soutien financier de ses adhérents et de ses partenaires, ni sans l'appui des bénévoles. Nous remercions donc les personnes qui s'impliquent dans notre projet.


L'Erika. Tout d'abord...

... Et ce matin de Noël 1999 où je découvris le petit port d'Etel où je vivais alors noir et souillé ; les maisons, les bateaux maculés du pétrole jeté par la tempête et la surface de l'eau charriant les nappes visqueuses et sombres vomies par le tanker pendant la nuit. Puis, à mes pieds, une boule gluante que je repoussai avec dégoût avant de voir, de comprendre : la boule était un oiseau, elle bougeait, il agonisait.

Je ne savais pas à ce moment-là que ma vie venait de changer à jamais.

Je consacrai les semaines, les mois suivants à collecter, acheminer, soigner, laver les oiseaux victimes du navire.

J'apprenais aussi. Les espèces, leur vie, leurs besoins et leur espace vital ; peau de chagrin.

Juin 2000. Marée noire au large de l'Afrique du sud. La tristement célèbre Robben Island, après avoir été l'enfer des hommes, était en train de devenir celui des 40 000 manchots du Cap qui y nichaient alors. 26 000 furent touchés.

Alors ce fut le départ vers Le Cap. Des semaines à soigner, laver des oiseaux, tout recommençait. Je me formais, j'apprenais.

L'idée germait malgré moi. Quelle idée folle ! J'avais un métier, une entreprise...

Un centre de soins ! Je n'avais pas les connaissances, elles sont longues à acquérir et j'avais 45 ans.

Les mois qui suivirent la Bretagne essuya maintes fois les colères de la météo et chaque retour au calme de l'océan démonté laissait abandonnés sur le rivage les oiseaux malmenés par les éléments. Bénévole à Bretagne Vivante j'arpentai les plages, fouillai l'estran à la recherche des survivants que j'envoyai vers les centres de soins.

Les gens croisés me parlaient, m'interrogeaient. Je répondais, j'expliquais.

Leur regard avait changé. Sans doute le drame de l'Erika y était-il pour quelque chose, je sentais chez beaucoup une compassion pour ces animaux, un désir de leur venir en aide et ils étaient de plus en plus nombreux ceux qui m'appelaient, me signalaient un oiseau en détresse.

Décembre 2002. Le Prestige sombra au large de la Galice et sa cargaison se déversa dans le golfe de Gascogne. La clinique mobile créée après l'Erika descendit se positionner dans les Landes et je l'accompagnai. Installation de la structure, mise en route ; soigner, laver les oiseaux, former les bénévoles, régler la chaudière, régler les piscines, vérifier les plumages, réparer le tableau électrique et relâcher les oiseaux. Etre ébéniste, fils de plombier et bricolo professionnel, finalement, c'est bien pour aider les animaux.

C'est là que nous nous sommes rencontrés, ma compagne et moi-même. Moi, sortant du poste de lavage en ciré vert et elle en cote blanche trop grande.

La même passion : les animaux. Moi, les soigner, elle, les protéger. Soigner, protéger ces animaux sauvages qui souffrent des conséquences de nos activités, de la perte de leur habitat, de la raréfaction de leur nourriture.

Soigner et protéger c'est aussi dire, sensibiliser, convaincre. Convaincre que ces espèces sont indissociables de leur milieu, que ce milieu est constitué d'innombrables espèces dépendantes les unes des autres .... Et que nous en dépendons nous-même.

Et l'idée folle a grandi, elle s'est installée. Puis elle est devenue projet, un projet toujours plus déterminé au fil des formations acquises au cours des années qui suivirent.

Didier MASCI . responsable capacitaire 

Triste nouvelle: la fermeture imminente du centre de soins

Nous faisons face à un très grand bouleversement: l'obligation de fermer le centre de soins.

A compter du 11 février 2017, aucun oiseau ou mammifère en détresse ne pourra être accueilli au centre pour y être soigné.

Vers qui vous tournerez-vous alors quand vous trouverez en animal en détresse ? La réponse est : nous n'en savons rien !

Tout ce que nous savons aujourd'hui, c'est qu'il est impossible de continuer ce travail de titan sans y laisser des plumes. Pour rappel, Didier et Marie, fondateurs du centre en 2007, se sont voués corps et âme à cette entreprise devenue titanesque au fil des années et y ont investi toutes leurs économies personnelles. Aujourd'hui, nous sommes épuisés, physiquement ET moralement.

Imaginez-vous : 1 seul et unique capacitaire soins BENEVOLE (qui a par ailleurs un métier d'artisan) qui gère au quotidien sans prendre un jour de congé et ceci depuis 10 ans, à la fois l'arrivée des nouveaux pensionnaires, mais aussi les équipes changeantes de bénévoles et de services civiques qui sont là pour aider. Nous remercions d'ailleurs toutes ces personnes qui ont à chaque fois pris leur tâche au sérieux et sans qui des centaines d'animaux n'auraient pas survécu.

Epuisés aussi moralement. Pendant 10 ans, nous avons lutté pour trouver des subventions, des bénévoles réguliers, des financements pour assurer les frais de fonctionnement du centre et salarier des personnes en contrat aidé. Nous avons sollicité l'aide d'élus, en vain. M. Métairie, Président de notre communauté de communes a même refusé de nous recevoir en rendez-vous alors que de 40 % des animaux accueillis proviennent de ce périmètre.

C'est vous, les donateurs et adhérents (+ 600 à ce jour), les sympathisants, les bénévoles qui nous ont le plus aidés !

Nous tenons néanmoins à souligner le soutien de notre député M. Philippe Noguès depuis le début de son mandat et encore à présent en cette période très difficile et celui des communes de Languidic, Plouharnel, Erdeven, Carnac, Etel, Plouhinec et Pluméliau durant ces 3 dernières années.

Aujourd'hui, il ne nous reste plus qu'à croiser les doigts pour qu'il n'y ait plus de tempêtes en Bretagne qui affaibliraient les animaux, plus de marées noires, plus de dégazages intempestifs en mer, plus de chouettes imprudentes qui viennent nicher dans les cheminées, plus de voitures pour choquer les oiseaux intrépides, plus de psychopathes pour les maltraiter, plus de phoques désorientés, plus de vitres transparentes, plus de chats croqueurs d'oiseaux (plus de 10 % des accueils)...

Il y a un dicton qui dit : personne n'est irremplaçable, et pourtant on a beau faire le tour de la question, il s'avère qu'il n'existe aujourd'hui en région Bretagne AUCUNE structure capable d'accueillir, de soigner et de réhabiliter tous les animaux qui ont été confiés à l'association Volée de piafs ces 10 dernières années, soit 13 350 animaux.

Le succès de Volée de piafs est incontestable. Les citoyens sensibles à la préservation de l'environnement et en particulier à la souffrance de la faune sauvage et des animaux en général ont prouvé que l'existence des centres de soins de la faune sauvage comme le nôtre est indispensable.

Femelle nourrie grâce aux surplus de la surpêche

Mercredi 15 Mars, 

par Didier MASCI . responsable capacitaire

Point sur la situation du centre à ce jour :
Hier, mercredi 15, une table ronde était organisée à la Sous-préfecture de Lorient avec les représentants des diverses collectivités territoriales et des représentants de nos administrations de tutelle.
Autour de la table présidée par M P-E Portheret, secrétaire général de la préfecture, étaient présents deux représentants de la Région, une représentante du Conseil Départemental, un représentant de Lorient Agglo, notre interlocuteur principal auprès de la DREAL de Bretagne, deux représentants de la DDPP, notre administration de tutelle et Madame Patricia Kerjouan, Maire de notre commune.

Concernant le soutien de ces collectivités en 2017, voici ce qui nous a été dit : le département du Morbihan a voté pour Volée de piafs une aide d'urgence de 12000 €, notre DREAL nous soutient à la même hauteur (c'était déjà le cas en 2016) et le Conseil Régional doit faire voter lundi prochain une subvention de 15000 €. Par ailleurs, ce dernier nous accorde son aide pour la création d'un emploi associatif (soutien financier réparti sur 3 ans pour la création d'un CDI).
Nous les remercions très sincèrement pour cet effort.
Notre communauté d'agglo affirme avoir voté un accord de principe pour nous soutenir ...

Quant à notre commune, Languidic, nous savons qu'elle nous aide déjà dans la mesure de ses possibilités et en particulier en nous mettant à disposition depuis deux ans un grand emplacement au camping municipal durant les mois d'été, ce qui nous permet d'accueillir de très nombreux bénévoles et stagiaires.

Conclusion pour 2017 : grâce à vos dons, vos adhésions, grâce à votre générosité sur Leetchi et les aides qui viennent de nous être accordées par ces collectivités, l'année en cours est sauvée. C'est ensuite que les choses se gâtent.

Comme nous l'avons dit et maintes fois écrit, notre principal souci est la pérennité du centre et en particulier celle des postes salariés que nous avons à présent les moyens de créer et sans lesquels nous ne pouvons poursuivre notre mission.
Ce qui nous a été dit est que le financement des centres de soins n'est pas de la compétence de la Région, ni du département et qu'il n'existe aucune ligne budgétaire à ce titre. Les aides accordées cette année ne le sont que de manière exceptionnelle afin de sauver le centre de soins. Il semble que le financement des centres soit du ressort de l'Etat, sauf que ce dernier s'y refuse depuis toujours.

Notre contrôleuse de la DDPP qui nous suit depuis 10 ans a fait remarquer à l'assistance, texte de loi à l'appui, qu'il est strictement interdit à tout particulier de détenir un animal sauvage fût-il blessé ou en détresse et qu'il doit obligatoirement l'acheminer vers un centre de soins agréé. Encore faut-il qu'un tel centre existe et comment fait-il s'il n'est du ressort de personne de le financer ? Les centres de soins sont reconnus par l'Etat, leur réglementation est très stricte, ils sont contrôlés par des organismes d'Etat (DDPP et ONCFS) mais il n'existe aucune ligne budgétaire nulle part pour eux. Ils ne doivent donc compter que sur vous, le public, sur les Fondations et le mécénat d'entreprise quand il y en a.
Les représentants présents du Département et de la Région se sont engagés à interpeller eux-mêmes Ségolène Royal à ce sujet.

Nous avons donc peu de choses auxquelles nous raccrocher pour 2018 et les années suivantes. Devons-nous embaucher le personnel envisagé au risque de devoir licencier tout le monde dans un an ? Devons-nous reprendre notre activité et nous retrouver dans la même situation l'année prochaine ?

Avouons que nous sommes ressortis de cette réunion le moral en berne.
Ironie du sort, la salle de réunion où nous étions se nomme TK Bremen. Tout un programme.
Pour les non bretons, il s'agit d'un cargo victime d'un échouage spectaculaire sur nos côtes en 2011.

Notre CA va se réunir très prochainement afin de faire le point et de décider ce qu'il convient de faire à présent.
Dans quelques jours nous vous communiquerons le bilan de ces 45 jours de solidarité et de générosité dons vous avez fait preuve.
En attendant ce sont les animaux qui trinquent, qui restent sur le bord de la route ou sont euthanasiés par les vétérinaires. 

Que faire, que dire, si ce n'est notre désarroi.

Amicalement

Samedi 25 Mars, dernières nouvelles

par Didier MASCI . responsable capacitaire


Bonjour à tous,

Notre CA s'est réuni aujourd'hui et a voté la reprise des accueils d'animaux.

Les subventions accordées par la Région Bretagne, le département du Morbihan, la DREAL de Bretagne, notre député Philippe Noguès, ainsi que le très fort soutien de votre part, le public, nous permettent de reprendre notre mission, au moins pour 2017.
En effet, comme nous l'avons expliqué précédemment, la Région et le département nous ont accordé des aides d'urgence qui ne sont pas renouvelables, le financement des centres de soins n'entrant pas dans leurs attributions. Ces subventions vont nous permettre d'embaucher le personnel nécessaire, mais nous ne savons pas si ce personnel pourra être conservé en 2018 si nous n'avons pas de subventions. Notre grande crainte est de nous retrouver dans un an au point de départ.
Nous sommes reconnaissants à nos collectivités, qu'elles le sachent, pour l'effort consenti cette année, mais inquiets pour l'avenir.

A présent, voici le bilan de votre mobilisation : 
Grâce à votre solidarité, nous avons gagné 166 nouveaux adhérents et 103 donateurs, sans compter les 648 participants à la cagnotte Leetchi. Grâce à votre élan, des dizaines (des centaines ?) de courriers sont arrivés dans les boites de nos collectivités et ont enfin suscité un intérêt de leur part.
Bienvenue à nos nouveaux membres ! Nous espérons que vous continuerez à nous soutenir et à nous accompagner durant ces prochaines années. Plus nos adhérents et nos donateurs sont nombreux, moins nous sommes dépendants des aides publiques.
Sachez que vos dons, adhésions et contributions à la cagnotte Leetchi représentent 44 500 € !
Concernant la cagnotte, tous les participants recevront un reçu fiscal courant 2017, le fichier des contributeurs nous sera communiqué par Gaëlle. Pour les dons et les adhésions directs, ce sera en mars 2018.

Un immense merci à vous tous, à Gaëlle pour la cagnotte et à ceux qui en ont eu l'idée également, merci pour vos pétitions, vos messages glissés dans les enveloppes d'adhésion et que nous conservons pour les relire les jours de chagrin, merci aux associations amies pour leur soutien amical et financier : la SPA, C'est Assez, L 214, la LPO 35 et le sanctuaire des hérissons, aux Fondations Brigitte Bardot et 30 Millions d'Amis qui ont spontanément proposé leur aide (déjà accordée dans le passé) et que nous solliciterons à nouveau.
Merci aux particuliers qui ont accepté de garder les animaux en détresse et de s'en occuper durant ces dernières semaines. Merci aux vétérinaires qui ont pris les animaux en charge et en particulier aux nôtres qui sont formidables.

Selon nos collectivités territoriales, il n'est pas de leur ressort de financer les centres de soins, mais de celui de l'Etat. Mais celui-ci s'y est toujours refusé. Pourtant, il apparaît bien que les centre de soins (de sauvegarde) de la faune sauvage sont inclus dans les textes de loi, comme en témoigne la brochure diffusée par l'ONCFS.

A ce titre, pour ceux qui souhaitent encore nous aider par leurs courriers, nous communiquerons dans les prochains jours une lettre à envoyer au préfet et au ministère de l'environnement.

Ces dernières années, on ne cesse (l'Etat entre autres) de nous dire qu'il n'y a plus d'argent dans les caisses. De nombreuses associations perdent leurs subventions, licencient leur personnel et ne peuvent plus assurer leur mission, quelle qu'elle soit. Les association de protection de l'environnement sont les premières victimes de ces coupes budgétaires quand bien même elles accomplissent un travail indispensable. Exemple dans notre Région et notre département : Bretagne Vivante, qui pourtant effectue un travail remarquable et nécessaire pour l'étude et la préservation des espèces et qui se voit retirer ses subventions année après année.
Pourtant, nous avons la tristesse de constater que malgré les difficultés financières mises en avant pour justifier les baisses ou la suppression des subventions, certaines associations et/ou fédérations voient les leurs augmenter fortement d'année en année et ce, jusqu'à 19 %.